Saint-François Notre-Dame
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Rencontre : Yann au contact des migrants

 Rédacteur SFND   11 novembre 2017  dans Saint-François Notre-Dame

À 17 ans, Yann Guillo n’est pas un garçon ordinaire. En juin, seul, il est parti pour un périple sur les traces des migrants, ceux qui ont franchi la Mediterranée et se retrouvent dans le sud de l’Italie. Aujourd’hui, il fait profiter les autres lycéens de son expérience. Yann Guillo est lycéen en terminale ES au lycée de l’Élorn, à Landerneau. En juin, après avoir passé plusieurs mois en Angleterre, il décide de partir sur le chemin des migrants. De Lampedusa à Paris, en passant par la Sicile, Rome, la frontière franco-italienne et Nice, il a rencontré des migrants, des nationalistes, un médecin, des responsables d’associations et bien d’autres encore… Après son périple, il a décidé de partir à la rencontre des jeunes de son âge, pour parler de la crise migratoire.

« Expérience hors du commun »
Mercredi, pour sa première intervention en lycée, Yann a rencontré trois classes de terminale ES et une de terminale L, à Saint-François. Des élèves attentifs, curieux de l’expérience de ce lycéen, comme eux. Yann a exposé son périple, depuis la gare de Landerneau. À l’aide d’un vidéo-projecteur, il a voqué son voyage, hors du commun. « J’ai rencontré beaucoup de jeunes de 15 à 25 ans et, malgré tout ce qui a pu leur arriver, ils avaient toujours le sourire ». À la question « pourquoi un tel voyage ? », le lycéen répond simplement : « Je voulais donner un but, m’enrichir par une expérience hors du commun et, surtout, voir la réalité des autres ».

« Des rencontres inoubliables »
Pour se forger son opinion, Yann est allé au devant de jeunes migrants mais aussi d’un groupe de néo-fascistes. « Je voulais avoir tous les points de vue. Ce sont des jeunes, ils ont le sourire et veulent convaincre ». Parmi ces rencontres, le lycéen a été marqué par le médecin de Lampedusa, Pietro Bartolo, qui, en 30 ans, « a vu plus de 300.000 personnes ».

« Ni châteaux ni hôtels »
Yann explique la réalité de la vie des migrants qu’il a rencontrés. « On entend qu’ils sont logés dans des châteaux ou des hôtels »… La réalité est tout autre. « À la frontière italienne, ils sont sous les ponts, au milieu des déchets ». Et d’ajouter : « ils n’habitent pas dans des châteaux ni ne sont hébergés dans des hôtels… ». Avant de répondre aux nombreuses questions des lycéens de Saint-François, Yann a conclu : « J’ai pu découvrir en échangeant et rencontrer des jeunes qui veulent juste survivre ».